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Inside Job Log

"You cannot rely on someone else to make you feel alive: it's an inside job"

Mois

mars 2016

Random thoughts #112

Tout à l’heure je suis tombée sur une série de photos de moi prises en 2010 au Mexique. Juste un peu plus d’un an avant que je sois mise sous antidépresseurs, que ma boulimie devienne hors de contrôle. 25 kg me séparent de ces images. Je me rappelle qu’à cette époque je pensais que j’étais grosse… Je réalise seulement maintenant que je n’ai jamais été aussi heureuse que durant ces quelques mois. J’étais la plus proche version de moi, de la moi que j’ai toujours eu envie d’être.
« On reconnaît le bonheur au bruit qu’il fait en partant » paraît-il… C’est bien noté.

Periods and other milestones

J’ai eu mes premières règles très jeune. Autant dire que selon la croyance populaire, je suis devenu une femme très tôt. Sans vraiment comprendre ce que ça voulait dire. Je ne suis toujours pas sûre de comprendre. Je sais juste ce que ça implique pour moi : une famille, des enfants.
Je pense que je suis profondément féministe. Je crois que les cerveaux, les émotions, les désirs, les aptitudes des hommes et des femmes se valent. J’ai envie d’avoir un job dans lequel je peux m’épanouir, j’assume une sexualité active (en opposition au rôle passif qu’on attribue généralement au sexe féminin) et libérée, je revendique le droit de mettre en avant mon intellect. Cependant, la sphère privée a la priorité sur la sphère publique pour moi. C’est plus important de réussir ma vie privée et de famille que de faire carrière. Certes, pour l’instant je n’ai ni l’un ni l’autre, mais je m’accommoderais plus facilement du fait de ne pas avoir de carrière si à côté de ça j’avais la famille dont je rêve depuis longtemps.
Je suis en train de devenir aigrie et je déteste ça. Et c’est de pire en pire à chaque fois…à chaque fois que mes règles arrivent, à chaque Noël, à chaque anniversaire d’une petite nièce ou du fils d’un ami, à chaque Saint Valentin, à chaque naissance ou annonce de grossesse, à chaque mariage… Chaque événement me rappelle ce que moi je n’ai pas et qui semble tellement facile et évident pour tout le reste du monde. C’est vraiment déprimant pour moi. Du coup je prends des distances avec les gens. C’est idiot, immature, égoïste même mais je préfère ça aux sentiments que je ressens alors… l’envie… voire la jalousie. C’est moche.

Random thoughts #103

« Once you’re aware of your feelings, it’s up to you to figure out how to deal with them »

Random thoughts #101

Tough times don’t last. Tough people do.

Random thought #98

So a few days ago, a friend sent me a bouquet of pink roses and a box of chocolates. It was really sweet and thoughtful. He knew I had been down for the past weeks. But he didn’t know. How could he has known? Food is not exactly a good gift for a bulimic. I resisted for 2 days but now… Lord help me.

Serenity, Courage, Wisdom…

Ce matin je me suis réveillée avec l’envie de faire du sport. Plus que l’envie, je l’ai vraiment fait. Ca faisait une éternité que ça ne m’était pas arrivé. Pas l’envie de faire du sport, mais le fait de le faire vraiment. Je me suis coller devant Youtube et j’ai enchaîné yoga, cardio et abdos. A la fin j’étais super fière de moi. J’étais en nage et la douche a été un moment de pure béatitude. Jusqu’à ce que je me rende compte que j’étais en train d’inonder la salle de bain. Et là j’ai eu une réflexion complètement débile : « il faut vraiment que je pose une porte de douche… » C’est fou ce qu’une toute petite phrase peut déclencher… J’ai commencé à écrire et quand j’ai voulu enregistrer le texte sous le titre « la métaphore de la porte de douche », je me suis rendu compte que j’avais déjà écris quelque chose à ce sujet… Je ne comprends pas que j’ai pu oublier… Et je suis effarée de voir que rien n’a vraiment changé…

 

 

Ceci est un pare-baignoire.

Mais rien à faire: depuis le 1er jour ça a été une porte de douche pour moi.

Je l’ai acheté en 2012 alors que j’étais en couple avec L’Escaladeur depuis quelques mois. Il devait la monter pour moi car il en avait assez qu’on ne puisse pas se doucher ensemble sans inonder ma salle de bain, encore moins coquiner sous la douche. Les choses se passaient bien entre nous. Si bien que j’ai décidé de lui parler de ma bisexualité et de mon goût pour le libertinage. Il l’a très bien pris. Toutes les possibilités que ça offrait à notre vie sexuelle l’excitaient même. Ça c’était au début. Avant de comprendre ce que cela impliquait. Il a comprit. Il est parti.

La porte n’avait pas eu le temps d’être posée.

Ce week-end j’étais chez moi, seule, malade, incapable de parler, je prenais une douche un peu plus chaude et un peu plus longue qu’en temps normal. Je ne m’expliquerai jamais pourquoi on a tendance à faire le point sur sa vie quand on est au plus mal et qu’on voit forcément le verre à moitié plein…  Je prenais une douche, comme tous les jours depuis 2 ans, dans cette même salle de bain, dans cette même baignoire et je pensais aux objectifs non atteints, à ma carrière en me demandant si j’avais vraiment fait le bon choix en démissionnant, etc.. Je ne sais pas pourquoi, mon regard s’est attardé plus longuement que d’habitude sur cette porte de douche. Elle était posée là, contre le mur face à la baignoire, au même endroit depuis qu’elle avait été achetée, le mode d’emploi glissé entre les 2 volets. La languette en silicone qui doit certainement avoir pour mission d’empêcher l’eau de se faufiler entre le mur et la paroi en acrylique granité était enfoncée dans le coin en haut à gauche et pendait le long de la porte.

J’ai fixé cette porte pendant un bon moment. Je ne comprenais pas pourquoi sa vue me rendait encore plus mélancolique alors que objectivement, ne pas avoir de boulot aurait dû être numéro un sur la liste de mes préoccupations et non cette stupide porte de douche. Et puis ça m’a frappé.

A elle seule, cette porte disait l’état de ma vie sentimentale depuis 2 ans, depuis que j’avais choisi de ne plus cacher à mes partenaires qui j’étais. Qui j’étais vraiment. une somme de dualités comme on m’avait dit un jour.

A elle seule, cette porte disait qu’en dépit de mon MBA, de mes supers expériences pro partout dans le monde, de mes discours féministes, de ma sexualité libérée, j’avais encore besoin d’un homme pour prendre soin de ce genre de chose pour moi.

A elle seule, cette porte disait qu’aucune des relations plus ou moins sérieuses, aucun des amants que j’avais eu depuis 2 ans n’était resté suffisamment longtemps pour se sentir le droit ou tout simplement l’envie de la fixer.
À elle seule, cette porte me rappelait que ma vie privée/domestique avait toujours été plus importante que ma vie professionnelle, que j’avais ignoré la seconde au profit de la première, et que je me réveillais aujourd’hui avec la réalisation que ça avait été en vain puisque je n’avais aucune des deux.

Et j’ai trouvé qu’il y avait quelque chose de triste voire pathétique à ça.

C’est vrai que je pourrais jouer les femmes modernes, louer une perceuse et la poser moi même. Ou je pourrais tout simplement la jeter plutôt que d’endurer de l’avoir chaque jour sous les yeux comme un constant reminder de ma solitude… Mais je ne m’y résous pas. Je n’arrête pas de me dire qu’un jour… peut-être… qui sait… 

Aware

I am very aware of my femaleness
I am very aware of my sexiness
I am very aware of my blackness
I am very aware of my daintiness

Are you pleased with the boxes you’ve locked me in?

One makes me a prey
One makes me disposable
One makes me imperfect
One makes me a subordinate

Do you reckon some prisons are unbreakable?

I am very tainted by my roots
I am very tainted by my mistakes
I am very tainted by my encounters
I am very tainted by my disbelief

You don’t really think all fights are worthy, do you?

None gives me comfort
None gives me serenity
None gives me strength
None gives me ammunition

Wanna bet one of us will have to bow out?

I would probably be analyzed
I would probably be pitied
I would probably be reprobated
I would probably be absolved

What makes you think I give a damn?

My years are an insuperable load
My past is an overwhelming  present
My burden lives within my own body
My future is blank.

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